Méthodes qualitatives

Alors que la circulation de l’information n’a jamais été aussi importante et controversée, il est devenu essentiel d’interroger sa pertinence.

Les méthodes qualitatives permettent précisément d’appréhender la complexité d’un contexte, les motivations des acteurs, l’évolution des discours et des enjeux ou encore la construction et le fonctionnement des réseaux. 

Nous utilisons ainsi différentes méthodes : l’analyse de documents, l’entretien semi-directif et l’observation. Celles-ci peuvent se mixer lors de temps d’immersion. 

L’analyse de documents. Nombre d’informations sont présentes dans les documents de présentation, les organigrammes, les règlements intérieur, les comptes-rendus de réunions, de bilans annuels ou encore les rapports d’activité. Nous définissions avec vous le « périmètre » des documents à étudier, selon leur disponibilité et leur pertinence pour l’enquête. 

L’analyse de ces documents permet : 

  • de réaliser le bilan des activités réalisées ;
  • d’identifier les évolutions dans les objectifs et les stratégies mises en place ; 
  • de comprendre les changements ayant lieu dans l’environnement qui vous entoure ; 
  • de préciser les problématiques émergentes ; 
  • de préparer la conduite d’entretiens.

L’entretien semi-directif. Individuel ou collectif, il permet de préciser les enjeux du terrain en partant de l’expérience vécue des acteurs – qui constitue une forme d’expertise à part entière.

Chaque entretien doit être utile : nous identifions donc un échantillon d’acteurs à interroger parmi la population cible. Il sera soit « exploratoire » (recueillir la plus grande diversité de points de vue possible), soit « représentatif » (recueillir des données correspondantes à celle de la population initiale). 

La spécificité de l’entretien semi-directif (par rapport aux autres méthodes d’interview) est de cadrer le questionnement tout en laissant une liberté de parole aux acteurs. Dans le cas d’entretiens collectifs, nous utilisons la méthode des focus-groupes. 

L’observation. Participante ou non, elle vise à comprendre comment se déroulent concrètement les situations vécues par les individus (qu’ils soient professionnels ou bénéficiaires, citoyens ou clients) et les organisations.

L’observation permet de repérer de façon très fine les interactions entre individus, entre groupes, mais aussi les variations qui peuvent exister entre les discours (recueillis par entretien) et les pratiques réelles. 

L’immersion. Cette méthode innovante vise à combiner utilement les méthodes de l’entretien et de l’observation. Lors de ces périodes d’immersion, nous pouvons saisir, au plus près des acteurs, les manières de penser, de faire et de communiquer. Nous passons alors plusieurs jours sur le terrain d’enquête, et la distinction entre l’entretien et l’observation se fait moins formelle. 

Un exemple d’immersion : la conférence de Copenhague sur le climat

L’un des membres de Phare s’est rendu lors d’une de ses enquêtes de terrain à la conférence internationale sur le changement climatique qui a eu lieu à Copenhague entre le 12 et le 18 décembre 2009. IMG_5186

Pendant 7 jours, il a pu mener des séries d’observations et d’entretiens au centre des ONG, le KlimatForum, ainsi qu’au centre des négociations officiel, le Bella Center, pour lequel il disposait d’une accréditation des Nations Unies.

Cette immersion a été décisive pour l’analyse précise des enjeux et des facteurs de la mobilisation transnationale des ONG environnementales et leur capacité de mise à l’agenda de la « question climat » à Copenhague.